Réussir ses clips vidéos quand on est un artiste indépendant


Un clip vidéo est un atout pour votre sortie musicale, mais n’est pas indispensable. En effet, il permet d’ajouter une touche visuelle à votre morceau, afin de le promouvoir, mais surtout de créer encore plus d’émotions, de matérialiser l’histoire, et même parfois de permettre au morceau d’être apprécié davantage.


En tant que manager, j’ai eu l’expérience de travailler sur le clip Tears” de mon artiste sebjin, réalisé et filmé par Dayzshooter. C’était une aventure très intense, quelque chose de très nouveau pour mon artiste et moi, dans lequel nous avions appris énormément de choses.


Aujourd’hui, le clip comptabilise plus de 250 K vues et c’est un projet dont je suis particulièrement fière. Car malgré le peu de budget et de personnel, on a réussi à créer quelque chose dont on est entièrement satisfaits et surtout de très professionnel.


Dans cet article, je souhaiterais donc vous donner mes conseils, ainsi que celui du réalisateur Dayzshooter, qui a eu la gentillesse de m’accompagner dans l’écriture de ce blog. L’objectif étant que vous sachiez comment créer un clip vidéo d’une qualité professionnelle et surtout qui avantage votre morceau. Et ceci tout en étant indépendant.



Première étape : choisir le morceau à clipper


La toute première chose, est de définir le morceau que vous souhaitez représenter de manière visuelle. Que ce soit un single ou un titre issu d’un projet, demandez-vous quel titre vous donne l’envie d’en faire un clip ?

Est-ce l’histoire qui en découle, l’atmosphère du morceau, ou juste le fait que vous sentez un potentiel de hit derrière ce titre et que le clip sera un outil marketing fort ?


Évidemment, vous devez être stimulé en terme de créativité, en écoutant ce titre. Vous devez avoir plein d’idées. Si vous êtes bloqué, et que rien ne vous inspire, ce n’est peut-être pas le bon morceau à clipper.



Deuxième étape : brainstormer vos idées


Une fois le morceau choisi, il est temps d’écrire les idées que vous souhaitez imager à travers ce titre.

Notez tout ce qui vous vient en tête, ne vous limitez pas, car pour cette étape, vous devez uniquement vous concentrer sur tout ce que vous souhaitez réaliser sans penser aux conditions, aux moyens ou au budget. Ceci viendra par la suite quand vous devriez filtrer pour mettre en place le scénario.


Écrivez tout ce que ce morceau vous inspire, même les idées les plus folles. Ici, on laisse son inspiration et sa créativité prendre le dessus, on ne se limite pas.



Troisième étape : définir le budget


Cette étape est cruciale ! Oui, car même si le budget ne qualifie pas la réussite d’un clip, il n’empêche qu’il définit le nombre d’idées que vous allez pouvoir réaliser ou non, ainsi que la qualité d’exécution.

Si vous souhaitez louer un hélicoptère, il est évident qu’il faut vous demander si vous avez le budget suffisant pour. Mais le fait de ne pas avoir d’hélicoptère, ne va pas rendre votre clip affreux et inexploitable pour autant.


Le budget, va d’une part vous permettre de choisir votre réalisateur. On ne choisit pas un réalisateur uniquement parce qu’on aime son travail, on le choisit aussi par rapport à son tarif. Plus son matériel coûte cher, plus il a une grosse équipe, plus vous allez devoir débourser.

Évidemment, vous devez trouver un réalisateur dont le travail vous plaît et qui rentre dans votre budget. À noter que vous pouvez toujours négocier le tarif, les réalisateurs sont souvent ouverts à ça.


D’autre part, le budget va vous permettre de définir les lieux, accessoires, costumes, matériel que vous devez louer.

Le budget va vous permettre de clarifier vos idées, de les filtrer pour définir ce qui est réalisable ou non.


Pour le clip de Tears on a du dépenser au total 1800 $CA(environ 1400 €)entre la rémunération du réalisateur, de la personne qui était en charge du drone, des télés qu’on a loué, du déplacement de Montréal jusqu’au Mont Saint Bruno(le lieu de tournage dans la forêt) et c’est à peu près tout.

Le budget n’est pas excessif et pourtant, le rendu est très professionnel et on a pu garder 80 % des idées qu’on avait en tête.

La preuve en est que tout repose sur le talent du réalisateur et surtout sur votre adaptation à modifier vos idées, pour qu’elles se rapprochent du mieux possible à ce que vous aviez en tête sans trop dépenser.


Ce que je vous conseille pour définir votre budget, c’est de créer un Excel, dans lequel vous allez mettre le montant pour chaque élément, même le petit détail, par exemple acheter des sacs-poubelles.

Plus vous allez mettre des détails, moins vous allez dépasser votre budget.



Quatrième étape : le moodboard


Le moodboard est un outil qui permet d’avoir un tableau visuel pour vous permettre de définir la direction artistique de votre clip.

Ce travail se fait main dans la main avec le réalisateur.


Il est composé d’une sélection d’images, de vidéos, de films, de clips, de vêtements, de couleurs, d’atmosphères, de typos, etc. Bref, de tout ce qui peut être utile pour la création de votre clip.


Cet outil part d’une part de vos idées, de l’histoire et du message derrière votre morceau, mais aussi de votre branding général en tant qu’artiste.



Cinquième étape : écrire le scénario et le story-board


Une fois les idées filtrées grâce au budget, et le moodboard terminé, il est temps de concrétiser les choses en écrivant le scénario.


Il va vous permettre d’avoir la ligne directrice de votre clip, mais surtout de définir s’il y a un storytelling, si c’est un clip narratif, conceptuel ou autre.


Pour Tears, on a écrit l’histoire du morceau, et la manière dont ce sera raconté visuellement. On a vraiment mis tout ce qui nous semblait être nécessaire, même le détail de certains plans, déplacements et mouvements de sebjin.

On a complété le scénario avec le story-board, qui consiste à dessiner chaque scène pour avoir les détails des plans, et des actions. C’est un bon exercice pour avoir en tête l’agencement des scènes et la manière dont ce sera filmé.



Sixième étape : la shot list


Cette étape n’est pas la plus fun à faire (enfin à mon sens), mais c’est celle qui nous a le plus aidé et qui nous a permis de bien diriger le clip et de bien s’organiser.


La shot list consiste à écrire le minutage de chaque événement, mouvement, changement de plans, de scène, etc.

Mais également y indiquer les détails, par exemple : de telle seconde à telle seconde, sebjin se lève et se dirige vers le rocher. Ceci nous permet de bien fixer les actions sur des séquences précises du morceau.


C’est un travail fastidieux, mais vraiment nécessaire pour ne rien oublier, et pour être sûr que tout soit bien exécuté.



Septième étape : choisir la date de tournage


Pour bien choisir sa ou ses dates de tournages, il faut prendre en compte les facteurs suivants :


  • la disponibilité de toute l’équipe, des comédiens et de l’artiste

  • la météo (si c’est en extérieur)

  • la disponibilité du lieu

  • la disponibilité du matériel (s’il y a de l’achat ou de la location)


Une fois la date définie et validée par tout le monde, il faut s’organiser au moins deux à trois semaines en avance, pour être sûr de ne rien oublier.



Huitième étape : le rétroplanning


Par expérience, il est indispensable de bien s’org